Le professeur et bénéficiaire d’une subvention Rob McMahon partage ses meilleurs conseils pour les demandeurs du Programme d’investissement communautaire

Le Programme d’investissement communautaire de l’ACEI acceptera bientôt les demandes pour le prochain cycle de subventions. Rob McMahon, bénéficiaire d’une subvention et chercheur sur l’Internet dans les communautés rurales, éloignées et autochtones, partage son point de vue pour les demandeurs.

L’ACEI lancera bientôt la période de demande pour son Programme d’investissement communautaire. Alors que les demandeurs potentiels se préparent, nous avons fait appel à quelques personnes qui peuvent partager leurs meilleurs conseils et leur point de vue sur les types de projets capables de répondre aux priorités qu’elles croient nécessaires afin de bâtir un meilleur Canada en ligne.

Rob McMahon a été bénéficiaire d’une subvention du Programme d’investissement communautaire de l’ACEI et il est professeur adjoint à la faculté de la formation permanente de l’Université de l’Alberta. Il est cofondateur du First Mile Connectivity Consortium, une association nationale à but non lucratif qui formule des politiques numériques pour soutenir un service à large bande collectif avec des Premières Nations isolées de l’ensemble du Canada. Ses recherches sont axées sur le développement, l’adoption et l’utilisation des technologies à large bande et Internet par les communautés rurales, éloignées, du Nord et autochtones.

Avec sa profonde connaissance de l’infrastructure Internet, Rob partage son point de vue sur le fossé numérique du Canada et sur la façon dont le Programme d’investissement communautaire peut soutenir des projets qui visent à le combler.

Selon vous, quel est à l’heure actuelle le plus grand besoin en ce qui concerne l’Internet canadien?

Malgré les récentes améliorations en matière d’infrastructure numérique haute vitesse, la connectivité locale demeure limitée et peu fiable dans beaucoup de communautés autochtones, éloignées et du Nord, et les prix facturés pour les services et les frais d’utilisation excédentaire des données y sont élevés. Cela signifie que les gens de ces communautés passent à côté des occasions offertes par l’économie numérique et qu’ils ne jouissent pas d’un accès équitable à beaucoup des services en ligne offerts ailleurs au Canada.

Pour affronter ce problème, nous constatons que des techniciens autochtones dévoués comme Bruce Buffalo à Maskwacis prennent les choses en main afin d’améliorer les services de connectivité locaux dans leur communauté. Le travail de Bruce n’est qu’un exemple de ce type d’innovation locale, mais nous ne connaissons pas toute l’ampleur des besoins dans ces communautés. Dans son dernier Rapport de surveillance des communications, le CRTC rapporte qu’à peine un peu plus de la moitié des ménages des Territoires du Nord-Ouest ont accès à des vitesses de service à large bande de 16 Mbit/s ou plus. Si on considère que presque la moitié de la population de ce territoire vit à Yellowknife, il est clair que la plupart des communautés n’ont pas un accès complet et constant aux services à large bande. Nous avons besoin de meilleures données et d’un meilleur soutien au niveau communautaire, particulièrement dans les zones éloignées.

Comment avez-vous vu les besoins liés à l’Internet canadien se transformer au cours des quelques dernières années?

Dans les quelques dernières années, nous avons constaté un plus grand intérêt de la part des gouvernements et des médias pour combler le fossé numérique, ce qui représente un changement positif. Il est bien de voir une plus grande attention du public portée sur des enjeux clés qui affectent les Canadiens. Pour tirer parti de cela, nous avons maintenant besoin de données ouvertes et accessibles et de règles équitables pour tous les fournisseurs de services. Par exemple, le vérificateur général du Canada a souligné dans son Rapport sur la connectivité des régions rurales et éloignées de l’automne 2018 que les petits fournisseurs de services Internet ne profitaient pas d’un accès suffisant au spectre de qualité supérieure pour soutenir le déploiement des services à large bande dans les régions rurales et éloignées. Cela signifie qu’il y a moins de concurrence pour les fournisseurs de services Internet dans ces régions, ce qui fait augmenter les prix. Cette situation se produit en dépit du fait que les titulaires de licences d’utilisation du spectre n’utilisent pas (ou ne louent pas) le spectre qu’ils détiennent, en partie en raison du faible incitatif commercial que représente le fait d’offrir en sous-licence le spectre non utilisé disponible.

A close-up up of the “Make the net-work” 3D model, which illustrates how a community network is set up. The team developed customized versions of this model for the four Gwich’in communities, part of Rob's digital literacy project funded by the Community Investment Program. Image credit: Hanne Pearce.

Quels autres besoins se démarquent selon vous?

Que les gens apprennent à coder et à créer des sites Web est une excellente chose, mais nous avons aussi besoin d’aider les gens à surveiller leur service Internet. Nous devrions encourager la littéracie numérique entourant la façon de tester une connexion Internet pour veiller à ce que les gens obtiennent le service pour lequel ils paient. Les gens doivent savoir comment signaler des choses comme des frais d’utilisation excédentaire de données élevés afin d’informer les autorités réglementaires de ce qu’ils paient, particulièrement dans les régions où la couverture est subventionnée. La littéracie numérique devrait s’intéresser à l’infrastructure d’Internet comme à ses applications.

Notre projet financé par l’ACEI en 2018 — Littéracie numérique, apprentissage et ressources avec le conseil tribal Gwich’in — fait la démonstration d’une façon d’intégrer la surveillance collective de l’Internet dans des programmes de littéracie numérique. Notre équipe a exploré l’innovation dans les contextes de la communauté Gwich’in avec des ateliers et la création de ressources éducatives ouvertes dans les Territoires du Nord-Ouest. Un autre projet financé par l’ACEI auquel je participe avec trois associations des Premières Nations et Cybera évalue les vitesses Internet dans des communautés autochtones de l’ensemble du Manitoba, de l’Alberta et de la C.-B., et nous partagerons notre méthodologie pour permettre à d’autres groupes de faire la même chose.

Quels genres de projets aimeriez-vous que le Programme d’investissement communautaire de l’ACEI finance?

Il est important de soutenir les projets de réseaux collectifs, mais nous ne devons pas ignorer ce qui arrive une fois qu’ils sont créés — comment pouvons-nous les maintenir? Comment pouvons-nous accroître leur échelle à l’ensemble du Canada? Partager des résultats, des défis et des données sur ces projets peut avoir un effet considérable et l’ACEI peut y jouer un rôle. Nous constatons un intérêt accru pour les projets de réseaux collectifs et ils connaissent aussi un succès grandissant. Je crois qu’ils représentent un secteur d’intérêt important capable de soutenir l’innovation locale dans la prochaine année.


Si votre organisme à but non lucratif a un projet Internet novateur qui contribuerait à bâtir un meilleur Canada en ligne, faites une demande de subvention au Programme d’investissement communautaire à l’adresse acei.ca/bâtir-un-meilleur-internet/le-programme-d’investissement-communautaire entre le 15 janvier et le 28 février 2019.

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