Commentaires et rétroaction de l’auditoire

L’un des principaux objectifs du FCI consiste à obtenir une rétroaction de participantes et de participants de divers horizons. Alors que l’assistance en général a formulé des commentaires, les gens qui ont pris place à chacune des 20 tables du FCI ont examiné les sujets à l’étude, en ont résumé les points principaux et ont formulé des recommandations à leur égard en se fondant sur leur analyse des échanges animés par le personnel de l’ACEI.

Un consensus selon lequel la réussite de l’économie numérique du Canada dépend de l’orientation stratégique et du financement a presque été atteint. Les participantes et les participants ont abondamment soutenu l’élaboration d’une stratégie fédérale à long terme en matière de large bande. Selon eux, cette stratégie doit admettre toute l’importance que revêt l’accès à la large bande pour la participation socio-économique de la population canadienne à la nouvelle économie numérique. Une fois mise en place, une infrastructure adéquate formerait la base d’une politique en vertu de laquelle, en définitive, le soutien financier au perfectionnement des compétences, à la recherche et aux partenariats stratégiques propulsant l’innovation serait assuré.

Selon une personne de l’auditoire : « Sans éducation ni stimulant économique, toute infrastructure restera incomplète. »


Les principes suivants sous-tendraient une stratégie fédérale en matière de large bande :

1. L’infrastructure des services à large bande et l’accèsà cette dernière sont les conditions à l’innovation au sein de l’économie numérique.

En admettant que la large bande constitue la plateforme d’où naîtra l’innovation à la source de la croissance économique, l’accès universel à la large bande devrait devenir une priorité de la stratégie d’innovation nationale. Selon des membres de l’assistance, il faut commencer par l’actualisation de la définition de l’accès universel minimal. Ils se sont aussi dits d’avis que la stratégie doit prévoir des stimulants financiers incitant l’industrie à offrir aux communautés vivant en régions éloignées un accès abordable à des réseaux de qualité.

Là où se termine Internet se termine aussi la prospérité”, a affirmé Lynn Hamilton, présidente de la section canadienne de la Société Internet, présente ce jour-là. « Dès que les vitesses ralentissent, dès que vous n’innovez pas, vous n’avancez plus.

Selon une personne de l’auditoire, « Si nous ne disposons que de basses vitesses, nous n’aurons que des idées à petite vitesse. » Mais quelqu’un a aussi souligné le fait que « … nous devons en avoir suffisamment pour tout le monde avant de nous attarder à la question de la vitesse. »


2. La collaboration est essentielle à l’innovation

Une stratégie fédérale en matière de large bande favoriserait la collaboration entre les gens, le secteur privé, les communautés et les divers ordres gouvernementaux lorsqu’il s’agit de devenir champion de l’innovation.

Une autre personne a évoqué le fait qu’il faut « … éliminer les barrières pour les petits joueurs », notamment en éliminant les lourdeurs administratives et en donnant aux petites entreprises en démarrage des capitaux de lancement et du capital de risque tout en les soutenant au moyen d’autres partenariats avec le secteur privé. Une autre encore a souligné que le soutien à la technologie à source ouverte est un élément clé de l’innovation.

« Lorsque les innovateurs sont au rendez-vous, mais que vous ne leur donnez pas accès aux outils dont disposent les gros joueurs, vous les empêchez de vraiment transformer l’industrie et de la faire progresser », a dit l’un des participants. Les petits joueurs seront les éléments perturbateurs, ceux qui feront avancer l’industrie, mais ils doivent accéder aux mêmes outils que les acteurs traditionnels. »

Des participantes et des participants ont mis en lumière « … l’importance de la possibilité de découvrir et de commercialiser les découvertes ainsi que de la [l’innovation] faire sortir des silos ». D’autres ont admis l’intérêt de donner aux communautés locales le soutien nécessaire à l’établissement de leurs propres réseaux à large bande. Le réseau municipal de Coquitlam a été présenté comme exemple illustrant la position avantageuse dans laquellese trouvent les municipalités lorsqu’il s‘agit d’élaborer et de gérer la large bande locale. Une autre personne présente a indiqué que l’innovation voit fréquemment le jour localement, lorsque les communautés se réunissent pour résoudre un problème collectif. Elle a donné en exemple un groupe autochtone vivant à Sioux Lookout en Ontario qui a lancé KNet, à titre de premier réseau à large bande de propriété autochtone.iv


3. L’accent sur l’éducation et l’acquisition de compétences la vie durant

L’assistance a très généralement convenu du fait que le perfectionnement des compétences et la formation la vie durant doivent faire partie des éléments importants d’une stratégie numérique complète en matière de large bande, en comptant sur des programmes fédéraux et des sommes à attribuer aux gens qui participent à des programmes admissibles. Selon des participants, il n’est pas facile de prévoir les compétences particulières qui seront requises dans l’avenir. Par contre, certains efforts devraient être déployés pour définir les besoins en compétences et le type de carrières offertes aux gens qui les acquerraient.

Tous conviennent que les écoles canadiennes élémentaires et secondaires n’ont pas les outils, les ressources, ni la formation nécessaire pour faire émerger la prochaine génération de professionnels des TI. Les gens ont généralement convenu que malgré le fait que l’éducation soit de compétence provinciale, le gouvernement fédéral devrait jouer un quelconque rôle de leader dans la supervision de la formation en matière de TI dans les écoles du pays.

Une personne de l’assistance a proposé que chaque école au pays dispose d’un « promoteur numérique », soit d’un membre du personnel dont la responsabilité consisterait à coordonner les ressources et la formation en matière de TI.

D’autres ont souligné le fait que tout programme éducatif doit être socialement englobant, en admettant que certains pans de la population soient fortuitement écartés de l’économie numérique. Des efforts doivent être consacrés à l’élimination des préjugés sexistes afin de favoriser la participation entière et intégrante des femmes. Entre autres, il conviendrait de délaisser les campagnes publiques ne cherchant qu’à effrayer les enfants, particulièrement les filles, à l’égard d’Internet. Elles mettent un accent excessif sur la cyberintimidation et la sécurité personnelle.

Si les parents sont craintifs, ils n’enseigneront pas le codage à leurs enfants.

iv « K-Net est un prestataire unique de services des TIC appartenant aux Premières Nations et exploité par ces dernières. L’entreprise montre la voie aux communautés autochtones rurales et des régions éloignées de l’Ontario dans l’univers en croissance constante des technologies de l’information et des communications. Basée à Sioux Lookout en Ontario, K-Net concrétise un vaste éventail de services au soutien du renforcement des capacités, conformes à la vision des Premières Nations, par exemple le service sans fil, la connectivité à large bande et les applications en ligne. » http://knet.ca/